Paupérisation de la justice, réforme du juge d’instruction et de la garde à vue, fermeture de petites prisons plus «humaines» au profit de mastodontes en partie gérés par le privé, approche plus répressive de la délinquance des mineurs… «La justice est à bout, souffle Géraldine Rigollot, juge d’instruction, membre du Syndicat de la magistrature (SM, gauche). Chacun dans son corps de métier se trouve face à des impératifs qu’il ne peut plus atteindre. Selon un rapport européen sur l’efficacité de la justice de 2008, le budget justice alloué par habitant était de 53 euros en France, contre 106 en Allemagne, et 99 au Royaume-Uni.»
«Les crédits stagnent, l’enveloppe de l’aide juridictionnelle [accordée aux plus démunis pour qu’ils puissent assumer leurs frais de justice, ndlr] a baissé alors qu’avec la crise et le chômage, la population en aura de plus en plus besoin», poursuit Jean-Louis Borie, du Syndicat des avocats de France qui parle «d’une attaque en règle du pouvoir judiciaire».«On a multiplié les mesures alternatives permettant au parquet de régler les affaires sans passer devant un tribunal. Une stratégie d’évitement du juge.» Et comme en prévision de la réforme de la procédure pénale qui supprime le juge d’instruction, indépendant, et transfère ses pouvoirs d’enquête au parquet, dépendant du ministère, les juges sont de moins en moins saisis. Dans l’argumentaire de la chancellerie, ce rôle accru du parquet permet de gagner du temps et désengorge les tribunaux.
Manifestation aujourd’hui le 9 mars 2010 du Palais de justice au ministère.



375 millions d’Européens éliront leurs 736 députés qui siègent au Parlement Européen





